L’anomalie

Article mis à jour le 29/01/2023

C’est à la lecture de l’Anomalie d’Hervé le Tellier, que j’ai mis du temps à découvrir malgré son prix Goncourt et je m’en excuse auprès de lui, que j’ai compris le lien entre son livre et mon travail. La théorie des simulations d’une civilisation X en simulant d’autres me semble tout à fait brillante, vraiment, je la trouve aussi jolie qu’un lever de soleil sur l’océan. Surtout si on lit aussi mon travail et c’est peut-être ça qui manquait.

Notre histoire a été écrite il y a longtemps, mais s’écrit chaque jour un peu plus

Je dirai qu’au début des années 2000, à peu près là ou ce fameux bug de l’an 2000 est censé avoir eu lieu, une sorte de page s’est tournée. Vous relirez ici ce que j’en pense. Peut-être bien que nous sommes un bug à nous tout seuls, car, soyons honnêtes, c’est possible, mais alors un bug joli comme tout même s’il est mal foutu, et qu’il faut défendre. Ce qu’il faut aujourd’hui, et ce que je fais sur cette page, c’est comprendre par l’expérience.

Comment, selon moi la magie opère

Tout le long, je pense qu’on n’a pas compris. Si notre histoire a été écrite, avec toutes les catastrophes qu’elle comporte, il me semble que nous avons toujours été libres, et en mesure de faire nos propres choix. Quand on a le temps de respirer entre deux bourrasques, on tente simplement de se rappeler qu’à la fin il faut que ça se termine bien, simplement on en sait pas encore comment. Mais je sais aussi que chacun, quelque soient les bâtons qu’il a dans les roues, est libre du chemin qu’il choisit. Et même si vu de l’intérieur du navire, rien n’a de sens, ni de plan, rien ne peut avoir été décidé sans nous. Et pourtant,il se peut que quelqu’un l’ait vu pour nous. Simplement, comme Léana dans Enfants de Gaïa, il me semble que nous aussi avons la liberté et la possibilité d’échouer à n’importe quel moment. Car la vie en Gaïa ne nait pas, ne dure pas et n’existe pas sans la liberté.

Je vous redonne ici ma définition de l’improvisation

Je l’ai développée sur ma chaine Youtube au sujet d’une interview de Tiken Jah Fakoly que j’ai réalisée en 2018.

Déjà, à l’époque, voyez-vous, je débordais de fraicheur et d’énergie, je frappais aux portes sans trop avoir peur de les prendre dans la figure, et j’aimais bien me poser des questions. Je n’avais ni carte de presse, ni aucune légitimité, simplement de la curiosité et une certaine admiration pour l’artiste et son combat pour son continent. Le dis ici ce que je pense et attends du continent africain. Pour la petite histoire j’espérais grâce à cette interview décrocher un stage dans une radio, radio qui n’a pas du tout été impressionnée et ne m’a jamais répondu, et ma carrière s’est arrêtée là. J’en garde un très bon souvenir, un peu comme si j’avais cambriolé un château fort avec une pelle et un sceau. Nous artistes sommes là pour porter des messages, et les porter le plus joliment possible. Ce que fait Tiken Jah Fakoly sur scène, et ce que je le fais dans mes livres. De même que cambrioler un château fort avec ce qu’elle a sous la main, c’est aussi, je pense, ce que fait notre planète tous les jours pour s’en sortir du mieux qu’elle peut, sauf qu’elle aussi le fait avec un synopsis. Mon travail sur la théorie de Gaïa, par exemple, est surtout une improvisation curieuse, mais documentée. Il faudrait en discuter avec Ibrahim Maalouf, j’avoue ne pas avoir lu son livre sur l’improvisation. Mais si l’improvisation c’est bien, comme il semble le dire, avoir de solides bases pour inventer en live de jolies choses et s’exprimer encore mieux, je crois que c’est ce que je fais moi aussi à ma façon, et ce que Gaïa fit à longueur de journée.

On a pris le concept d’intelligence artificielle à l’envers

Ici l’idée est bonne, mais c’est l’inverse. Comme je l’expliquais à un collègue qui m’envoyait ce tweet, dans mon idée, l’AI avec du saumon en tranches signifierait qu’on masterise la nature et qu’on est en train de la bousiller. Pour moi c’est l’inverse, on n’a aucune légitimité à se croire aussi puissants, en tout cas plus maintenant, c’est Gaïa qui nous masterise et se venge de ce qu’on lui a fait. Je sais bien, j’écris des romans, pas des algorithmes, mais faut lire James Lovelock. Comme je le dis dans Enfants de Gaia et comme le dit Lovelock lui aussi, nous faisons partie de la terre vivante, nous ne sommes pas posés dessus. Tout ce nous faisons, c’est elle qui le fait, et le jour où on dépasse les bornes, c’est elle qui décide.

L’AI, notre Terre sait faire largement mieux que nous en réalité, mais c’est naturel, pas artificiel. L’idée même d’Intelligence artificielle n’est que de l’ego bien de chez nous digne des foudres du parti sombre. Avec les algorithmes de toutes sortes qui nous isolent et font exploser notre égo en l’éloignant d’elle, tout ce qu’elle fait est nous tester pour voir si on va foncer vers notre ego ou la respecter, elle nous manipule pour qu’on lui foute la paix si on échoue. On peut encore réussir.

Ce que j’ai compris à la lecture de l’Anomalie

La théorie des simulations développée par Arch Wesley, où une civilisation avancée crée des simulations d’ancêtres possibles, est à mon avis celle qui permet de relier la théorie de Gaïa, que je développe partout sur ce site, et mon histoire personnelle. Qu’est donc Gaïa, notre Terre, sinon un être que je dis magique en raison de ma fascination et, soyons honnêtes, de mon amour pour elle, sinon une théorie mathématique développée par James Lovelock ? Une théorie mathématique que je ne comprendrais pas, je n’ai pas fait de mathématiques. Qu’est-elle sinon notre passé et notre avenir ? Et qu’est la vie sur Terre, depuis sa naissance jusqu’à nous, sinon une immense improvisation magnifique qui nous met tous par terre ? Une symphonie de couleurs, de surprises, de naissances improvisées qui colorent notre planète d’une diversité fantastique aujourd’hui menacée ?

Nous sommes bien dans une simulation et face à un test. Il est possible que, dans un avenir proche, nous ayons tout raté. Gaïa, pour se sauver, est en train de simuler pour nous des ancêtres potentiels pour voir si eux sauront la sauver. La fin du monde a peut-être bien eu lieu dans un avenir qu’elle seule connait. Aujourd’hui, nous avons la possibilité de réussir ou d’échouer à ce test. Je propose ma vision sur la solution pour sortir gagnants de cette simulation dans cet article. Tant qu’on n’a pas échoué, il n’est pas trop tard pour réussir. Et, si vous lisez un jour Enfants de Gaïa, vous verrez que je ne conçois pas une survie de notre Terre sans ses enfants que nous sommes tous. Mais elle nous laissera libres d’échouer jusqu’au bout.

Je profite également de faire ici une petite dédicace au collègue Pascal et qui m’a signalé cet article extraordinaire du New York Times qui dit les choses d’une façon différente mais tout à fait complémentaire.

Bien sûr, comme me le rappelle l’autre copain Karl, Darwin semble dire le contraire. Si nous ne sommes pas adaptés à un instant T, Gaïa ne nous fait pas de cadeau et nous disparaissons. C’est vrai. Mais parce que j’ai une formation tout autre que scientifique et que ma réflexion est faite de logique édulcorée d’imagination, je pense que si elle nous donne la liberté d’échouer, elle nous donne aussi celle de réussir. On n’abandonne pas ses enfants comme ça en Gaïa, et elle non plus.

Mais j’irai plus loin en avançant qu’est peut-être là la pierre philosophale. C’est notre Terre Gaïa. La vie éternelle, celle que l’on cherche depuis le fond des temps, n’es pas celle d’un bonhomme tout seul ni même d’une seule espèce, c’est celle de Gaïa tout entière. Et si l’on part du principe, comme je le fais, que nous sommes enfants de Gaïa et qu’elle souhaite poursuivre sa route avec nous, pourvu que nous soyons à la hauteur, le défi qu’elle nous présente aujourd’hui est peut-être bien celui de notre immortalité, et donc peut-être aussi de la sienne.
Autrement dit, s’il y a toujours une espèce dominante, elle a besoin d’une espèce suffisamment évoluée pour comprendre son mystère et le perpétuer, mais pas suffisamment égoïste et idiote pour le transformer en parc à thème. Navrée pour le raccourci. Mais c’est peut-être là que le Darwinisme évoqué plus tôt prend tout son sens, car si elle nous a laissé une chance jusque là, là est peut-être aussi la seule bonne raison. Nous seuls en sommes capables, tout au moins dans cette simulation, mais il nous revient d’en être conscients et de prendre cette chance au sérieux. Et si nous sommes cette espèce, elle sera libre d’inventer celle qui viendra après.
Si, cette fois, nous sommes en mesure de relever ce défi face auquel nos prédécesseurs ont échoué, pourra peut-être naître une super civilisation qui sera supérieure à ce que nous sommes aujourd’hui, parce qu’il y aura alors la place pour elle, Gaïa, pour nous et pour eux. Je ne sais pas qui ils seront, ou elles, vous savez j’écris juste des livres. Mais si j’ai bon, j’ai hâte de les rencontrer.

Suite à cet article au sujet de ce qui ressemble à une hypothèse de solution de la suite de Fibonacci, ma théorie sur les algos développée dans l’article sur le bug de l’an 2000 prend son sens sous un autre jour. En effet, si Gaïa nous a autorisés, voire manipulés afin que nous développions ainsi des algorithmes à toute vitesse, il s’agissait également probablement à la fois d’un entrainement et d’un test. Nous avions besoin d’être suffisamment avancés et en même temps d’être libres de faire nos propres choix, de penser d’abord à elle ou d’abord à nous.

Il nous appartient encore de faire ce choix aujourd’hui.

Ce qu’il nous reste à faire

Ecrire c’est poser des petits cailloux sur son chemin pour être sûr de le retrouver plus tard. Même quand ces cailloux sont très vieux, et même quand ils sont tous neufs. Parce que notre terre est magique et ne regarde pas quel âge on a mais ce qu’on veut lui apporter. Voyager à travers les âges, ce n’est pas pour nous, mais elle le fait tout le temps et ne nous demande pas  notre avis. Laissons-la faire. N’essayons pas de la dépouiller de son pouvoir, mais seulement de relever le défi qu’elle nous tend.

Les mots sont un cadeau trop précieux déjà, ne nous perdons pas en route, soyons à la hauteur de ce qu’elle nous a offert.

Si j’étais Zebda, je dédierais aussi cette chanson à tous les minables pour qui le mépris vaut intelligence et qui feraient mieux d’ouvrir un dictionnaire. A notre école républicaine qui m’a offert ma première brosse à dents quand mes parents n’étaient pas là pour le faire. Aux copains, qui sont nos guides sur les chemins caillouteux parce que même dans l’orage le soleil brille toujours quelque part. A toutes les associations sportives de ce pays qui ramassent les gamins perdus et en font des champions. A tous les profs qui réparent des enfants et des avenirs comme on dessine des tableaux. A tous les Roméo et Juliette qui courent à la recherche du temps perdu. A tous les lampadaires parce que c’est comme une étoile filante mais en plus solide. Aux nounous immigrées qui m’ont élevée et ont fait de moi ce que je suis. A mon Pierrot dans la Lune, parce que des vraies familles on n’en a qu’une. A tous les papas perdus qui rêvaient d’une fille et ne m’ont pas eue moi. A toutes les grands-mères qui savent dire non, parce qu’à chaque fois qu’on sauve une enfant on sauve le monde.

A ces Etats-Unis d’Amérique qui ont parfois fauté mais jamais rien abandonné, et Tyre Nichols non plus en tout cas pas encore.
Et à l’Ami parce que la vraie fortune c’est la dignité et le plus petit dénominateur commun c’est l’humanité.